Essai BMW S1000XR

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Bon, pour résumer, l’échange avec le commercial BMW :
A la réservation de l’essai :
– moi : il paraît que ça marche bien
– lui : ben ça, je te dis rien, tu verras mercredi.
Ce matin, au retour de l’essai :
– lui : alors, il est comment mon avion de chasse ?
– moi : whaouh ! Juste qu’il vole un peu trop bas !

Bref… un peu plus de détails ?
Oui ? Bon, d’accord. 

Rendez-vous ce matin à 10h.
Je suis un peu en avance, on commence à faire la paperasse… j’ai oublié mon permis !
« Tu me le ramènes à la fin de l’essai, c’est pas comme si je te connaissais pas ! »
Cool, non ?
Après la présentation de la machine, en particulier les modes et le régulateur de vitesse (comme sur la GSA), et du shifter pro (les régimes où c’est supposé marcher le mieux et le plus transparent), puis démarrage du moteur…
« Braaaaroooaaarrrrrr ! »
Bon, ok, ça met direct dans l’ambiance : bestial.
Hmmmm, ça sonne bien, hein…

Mode Road (oui, je deviens raisonnable avec l’âge, l’expérience, la sagesse, … tout ça, quoi…).
Les rétros ont l’air quasi identiques à la GS (petits mais efficaces).
Jambes assez pliées, un peu en arrière. Mais rien de gène : pas de tuyau de pot (comme sur la SuperT), pas d’ergot de béquille (comme sur la Multistrada), pas de carter moteur (comme sur la Crosstourer).
Les commandes tombent sous la main et sous les pieds pile-poil perfect.
La position est droite, naturelle, décontractée.
La bulle réglée en position haute (on tire ou on appuie dessus pour monter ou descendre : basique mais efficace, certains pourraient s’en inspirer).
IMG_0547La selle est assez haute, mais les pieds sont à plat.
Tiens, la selle… oui, bon, plutôt le bout de mousse de 2cm d’épaisseur pour le conducteur.
C’est mieux que le 1cm pour le passager, et vue la superficie pour accueillir le postérieur d’une ravissante passagère, cette dernière doit être à la fois fine et légère et peu exigeante…
BMW doit avoir des restrictions budgétaires drastiques pour économiser la mousse, je vois que ça…
Tant pis, un moto pour solo… ou petit parcours.
Ou, il faut que je prenne du gras…
Le tableau de bord est BMWesque : à force de les essayer, passer des infos au trip, etc, etc, c’est fastoche.
IMG_0544Le mode carto a son petit bouton à lui sur la poignée droite, avec les poignées chauffantes.
IMG_0555L’ODB se commande à gauche, avec le régulateur de vitesse.
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Clac !

Bon, ok, c’est une Honda.
Pardon, une bonne gentille japonaise.
Ah, non, c’est vrai, c’est une BM : tu es tout de suite à l’aise.
Le gabarit disparait instantanément après quelques centimètres.
On sent tout de suite les chevaux très très nombreux cachés dans la poignée droite, qui demandent qu’à sortir à la moindre sollicitation.
A 2000trm, c’est tout doux, malgré une sonorité très virile.

Alors, comme je dois aller chercher mon permis à la maison, je prends mon circuit d’essai alternatif : un bout de 4 voies (route de Nantes), sortie à Dompierre/Yon vers le Poiré/Vie (nationale roulante), puis le Poiré/Vie vers Mouilleron le Captif (départementale bien tournante), et un peu de ville pour passer à la maison.

IMG_0545La bulle est là pour faire joli… très vite, en haut ou en bas, elle bloque juste le flux de la poitrine, mais j’en prends plein la quiche, je dois même refermer la visière…
IMG_0546Ah, oui, ok, je suis à 140 en fait…
Ben oui, les chevaux, vous savez, ceux dont je parlais, ben ils se sont barrés !!!
Remarquez, à 110kmh, c’est pareil pour la bulle.
Sinon, tenue de cap à cette vitesse sénatoriale impeccable, rien à signaler.
Ah ! Si !
Ca vibre : à partir de 3000trm (donc très vite), à vitesse constante ou en accélération, ça vibre dans les poignées, les fesses et les cale-pieds. Un petit fourmillement qui doit devenir très très très désagréable à la longue.

Et le shifter pro ?
Théoriquement, il fallait être à X trm pour que ça marche mieux à la montée et à la descente. Mais avec ma mémoire de poisson rouge, j’ai oublié combien.
4000trm je crois.
Et bien ça marche très bien quel que soit le régime, à la montée comme à la descente…
Un truc de fou, au moins aussi bluffant que la boîte DCT du Honda Crosstourer !
Ca monte sans à-coup, pareil à la descente, et pourtant, il y a une sacrée cavalerie dans la S1000XR !
Un must-have !
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Sur la nationale, rien à signaler.
Ah ! Si !
Ca vibre : à partir de 3000trm, etc, etc, je l’ai déjà dit…

Bon, petit rond-point, miam, la petite départementale.
Broooooaaaaaarrrrrr…………….
La vache, ça pousse ce truc.
La Multistrada, c’est une moto de minette.
La Crosstourer, une mobylette asthmatique.
La Super Ténéré, un déambulateur pour vieillard apoplectique.
La S1000XR arrache tout, se balance toute seule (le 4 en ligne donne un centre de gravité bas -par rapport à ce que j’ai l’habitude de conduire), suit le regard, avec en plus une bande son rageuse, rauque à l’accélération.
Accélération qui commence dès 2000trm et semble infinie (sauf pour le permis, vite fini, lui…).

Et si on passait en mode Dynamique ?
Oui, je sais, je parlais de raisonnable, sage, tout ça…

Rhâââââââââ !
Oh ouiiiiiiiiiii !

Une tuerie !
Et avec le shifter, tu montes, tu descends les rapports, à chaque décélération, un bon gros broar accompagné d’un pet monstrueux, alors tu relances à la sortie du virolo, juste pour arriver plus vite au suivant (‘tain, il arrive super vite d’ailleurs !), faire péter le pot, rentrer deux rapports et vraooooom, on passe au suivant…
Et pourtant, il n’y a pas de violence, ni à l’accélération, ni au lâcher des gaz.
La moto à 900km, donc je ne pousse pas les rapports comme un malade non plus, mais c’est sûr qu’il doit y avoir un deuxième effet kiss cool au-delà de 7000-8000 trm !
Mais à ces régimes, tu es déjà beaucoup beaucoup beaucoup trop vite, quel que soit le rapport engagé… et comme il n’y a pas de piste ou d’autobahn dans le coin…
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Le freinage est au-dessus de tout soupçon, mordant, puissant et super facilement dosable.
Avant comme arrière.

Oui, je sais aussi, sur les photos, il reste de la place sur le pneu AR…
Désolé, mais je n’ai pas pris la route la plus adéquate pour aller au bout, mais il ne reste plus grand-chose comparé au départ… et la monte d’origine impose soit de prendre des grandes courbes rapides très très très vite (y’a pas par ici), soit d’aller faire des lacets de montagne (et y’a pas par ici non plus).
Tout ça pour dire qu’il y a en plus une marge de folie, même en roulant assez fort sur une route très bien connue.

Le confort ?
Le quoi ?
;-)
C’est sec, mais pas totalement inconfortable non plus.
Je ne me vois cependant pas me faire une semaine dans les Dolomites avec les 2500 km de liaison aller-retour, même si les balades là-bas seraient, euh, rhâââââ…
Protection de bulle insuffisante, pareil pour les épaules.
Le reste du corps est bien protégé par le large moteur.
L’amortissement est sec, un poil dur, est remonte les irrégularités de la route, mais contrairement à la Yamaha Tracer, la tenue de route reste parfaite même sur chaussée un peu abimée (pas de trépidations) ; juste ces remontées dans le dos que je n’aime pas (l’âge, la sagesse, … tout ça…).
J’ai testé le passage de ralentisseur assis sur la selle : entre la rigidité du tout et l’épaisseur  de la selle, aïe, bobo les lombaires…
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La transmission est douce et précise.
Je trouve la poignée d’embrayage un peu trop souple, mais celui de la SuperT est assez dur.
Le passage des vitesses avec le shifter n’est pas du tout un gadget ; il se fait tout en douceur, parfois, un tout petit peu sensible à l’accélération. Mais ça fait toujours nettement moins d’à-coup qu’un passage de vitesse classique.
Le petit passage en ville m’a confirmé ce constat : le moteur est super souple (en mode dynamique, il faut rester à 2500trm, mais en Road, on roule sur un filet de gaz, passage des vitesses sans débrayer au shifter, …
Seul le rayon de braquage est démesuré… ça fait bizarre de se retrouver bloqué à mi demi-tour devant la maison, là où la SuperT passe sur l’élan.

Et le moteur chauffe beaucoup : les fesses, les jambes, et en ville ça remonte de partout.
Encore plus que sur la SuperT !
Mais quelle bande son !

L’ODB a relevé 6,4l/100 pour le parcours, ce qui est plus que la SuperT ou la GSA sur le même parcours.
Les sollicitations de la poignées doivent se payer à la pompe, mais on n’a rien sans rien…
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Cette S1000XR est une boule de nerf, un bête de course cachée dans un look de trail routier.
Elle ne correspond pas à ma façon de rouler, mais c’est une machine fantastique !
Une usine à sensation.
Et facile en plus !
Par contre, BMW doit impérativement corriger ce défaut de vibrations omniprésentes.
Une concurrente pour la Multistrada : je n’ai pas essayé les dernières évolutions de cette dernière, mais dans le registre trail routier sportif, la BMW est plus impressionnante encore !

 

8 thoughts on “Essai BMW S1000XR

  1. Merci pour cet essai détaillé. Ce type d’engin écarte le duo sur de longues distances. Tu as raison, les vibrations sont (très) pénibles à partir de 120/130 et la vision dans les rétros est totalement floue. Idem sur ma F800R. Quant à l’efficacité de la bulle, c’est surtout une question de taille: pour les pas trop grands, c’est suffisant.
    Reste que cette moto d’égoïste est un beau jouet pour se faire plaisir mais pas sur autoroutes ou voies rapides (d’ailleurs quelle que soit la moto, l’autoroute…)
    Finalement cette BM s’adresse à ceux qui roulent seuls, peu chargés, plutôt sur des routes qui tournent, même si elles ne sont pas en très bon état. La position est naturelle, pas fatigante, mais il faut quand même être vigilant sur la poignée. Comme tu le notes, on se laisse vite griser.
    Enfin, esthétiquement, elle me plait. Reste le chèque.

  2. Sympa l’essai , mais je crois bien vieillir un peu , cette moto comme la nouvelle Multi , ça ne me dit rien , les watts ça saoule à force , le confort et l’agrément général sont devenus mes priorités, je pense que tu as dû être content de retrouver ta Super T ☺

    • Oui, mon enclume me paraissait lourde à la reprise, mais plus posée, presque plus stable.
      Bizarrement aussi moi « douce » à bas régime.
      J’ai refait une partie du parcours : la protection, l’amortissement, le frein moteur,… Y’avait plein de plaisir, sans la poussée ;-)

  3. Globalement tu penses la même chose que moi de cette moto sauf que les vibrations ne m’ont pas gêné plus que ça. La bulle n’est pas non plus si handicapante à mon goût vu sa taille je trouve qu’elle s’en sort bien. Comparée à la 1290 je la trouve tout aussi vivante et plus confortable. Pour moi la BM est un cran au dessus de la Katoche.

    • Sur 40 bornes, les vibrations ne me gênaient pas plus que ça (surtout dans la partie qui tournicote… tu penses à autre chose !!).
      Par contre, à vitesse stabilisée, ça doit devenir lassant, un peu comme la DL (les K) à 5500-6000trm, pile 130-140 sur autoroute… sauf que là c’est dès 80kmh…

  4. Merci Michio, mais c’est pas pour moi qui viens d’acheter une moto de « vieux »!
    Amicalement

  5. Hé ho petit nuage noir, quand vas-tu essayer une vrai moto (de préférence orange citrouille) pour voir la différence avec les playmobils de chez BMW ?

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